Le blog d'eve anne, Madrid.
Le Chemin de Badajoz
EPILOGUE.
Sena ne revit jamais Teresa. Elle fut mutée à Albacete sans explication officielle.
Le médecin qui avait précédé Sena, n’eut pas à rendre de comptes. Mis en cause, il mit fin à ses jours en apprenant les faits.
Le commissaire Alvarez reçut un blâme pour son enquête bâclée, et fut mis à la retraite anticipée.
Après quelques mois d’une vie quasi normale, Teresa fit une rechute. Après plusieurs examens au centre hospitalier de Madrid, le diagnostic fut sans appel : Teresa présentait des séquelles irréversibles, il n’y aurait jamais de guérison définitive. Ses rechutes seraient de plus en plus fréquentes, de plus en plus violentes.
Dolorès en prit son parti, s’organisa en conséquence et assista son amie autant qu’elle le put.
Teresa mourut trois ans plus tard, au cours de la nuit, sans souffrir, du moins c’est ce que l’on dit quand personne n’assiste les derniers instants. Elle avait trente deux ans.
Lena, n’a pas viré sa cuti, mais elle aima Dolorès comme la sœur qu’elle n’avait plus.
Dolorès et Sena se retrouvèrent par hasard quelques mois plus tard, dans le parc d’Aranjuez. Sena s’était laissé pousser les cheveux, mais L’une et l’autre portaient sur le visage les rides qu’avait gravées ce drame affreux.
Sena se jeta dans les bras de Dolorès ;
« J’étais jalouse de Teresa. J’ai honte de te le dire Loly, je t’ai aimée dés que je t’ai vue.
Je sais, querida, je sais. J’aurais voulu pouvoir t’aimer aussi»
Depuis peu, l’autoroute relie Madrid à Badajoz .
A l’horizon, dans la région de Talavera de la Reina, La sinistre Sierra de Altamira, se découpe en noir sur le ciel bleu
Estramadura
1996.
Imaginé par eve anne, d’après un fait divers authentique
relaté dans
« El Pais »
J'en reste glacée d'effroi...C'est pire que ce que j'avais pressenti
La folie de l'aimée est plus terrifiante que la mort, pour son amante
(comme celle qui a emporté Florane)
mais l'épilogue est plus heureux
Merci eve anne pour cette terrible et prenante histoire
Baiser de douce nuit (j'ai peur d'en rêvé)
Oui, petite histoire effroyable. Le point de départ est un article du journal "el païs" qui relatait la découverte d'un corps de femme au cours de la vidange d'un barrage. Et la ville de Badajoz étant sûrement la plus sinistre d'Espagne, allait comme un gant à ce fait divers.Et puis les photos de femmes qui accompagnent le récit, m'ont beaucoup inspirée.
Noire d'écume peut être ? Baisers Ondine, n'aie crainte, ce ne sont que des histoires !